Version publique · Louis Segond 1910
Bible Louis Segondlecture et recherche
Lecture et recherche dans la Bible complète (Ancien et Nouveau Testament) traduite par Louis Segond (1910), domaine public.
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Job 40
L’Éternel, s’adressant à Job, dit :
Celui qui dispute contre le Tout-Puissant est-il convaincu ? Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réplique à faire ?
Job répondit à l’Éternel et dit :
Voici, je suis trop peu de chose ; que te répliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche.
J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus ; Deux fois, je n’ajouterai rien.
L’Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit :
Ceins tes reins comme un vaillant homme ; Je t’interrogerai, et tu m’instruiras.
Anéantiras-tu jusqu’à ma justice ? Me condamneras-tu pour te donner droit ?
As-tu un bras comme celui de Dieu, Une voix tonnante comme la sienne ?
Orne-toi de magnificence et de grandeur, Revêts-toi de splendeur et de gloire !
Répands les flots de ta colère, Et d’un regard abaisse les hautains !
D’un regard humilie les hautains, Écrase sur place les méchants,
Cache-les tous ensemble dans la poussière, Enferme leur front dans les ténèbres !
Alors je rends hommage À la puissance de ta droite.
Voici l’hippopotame, à qui j’ai donné la vie comme à toi ! Il mange de l’herbe comme le bœuf.
Le voici ! Sa force est dans ses reins, Et sa vigueur dans les muscles de son ventre ;
Il plie sa queue aussi ferme qu’un cèdre ; Les nerfs de ses cuisses sont entrelacés ;
Ses os sont des tubes d’airain, Ses membres sont comme des barres de fer.
Il est la première des œuvres de Dieu ; Celui qui l’a fait l’a pourvu d’un glaive.
Il trouve sa pâture dans les montagnes, Où se jouent toutes les bêtes des champs.
Il se couche sous les lotus, Au milieu des roseaux et des marécages ;
Les lotus le couvrent de leur ombre, Les saules du torrent l’environnent.
Que le fleuve vienne à déborder, il ne s’enfuit pas : Que le Jourdain se précipite dans sa gueule, il reste calme.
Est-ce à force ouverte qu’on pourra le saisir ? Est-ce au moyen de filets qu’on lui percera le nez ?
Prendras-tu le crocodile à l’hameçon ? Saisiras-tu sa langue avec une corde ?
Mettras-tu un jonc dans ses narines ? Lui perceras-tu la mâchoire avec un crochet ?
Te pressera-t-il de supplication ? Te parlera-t-il d’une voix douce ?
Fera-t-il une alliance avec toi, Pour devenir à toujours ton esclave ?
Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? L’attacheras-tu pour amuser tes jeunes filles ?
Les pêcheurs en trafiquent-ils ? Le partagent-ils entre les marchands ?
Couvriras-tu sa peau de dards, Et sa tête de harpons ?
Dresse ta main contre lui, Et tu ne t’aviseras plus de l’attaquer.